Une reconnaissance internationale pour le projet CORNATEP soutenu par l’Université de Lorraine

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À l’occasion du congrès international de l’Association Internationale pour l’Éducation Physique dans l’Enseignement Supérieur (AIESEP), organisé à Taipei (Taïwan) en juin 2026, Mary Schirrer, maîtresse de conférences en sociologie au LISEC (UR 2310) et à la Faculté des Sciences du Sport de l’Université de Lorraine, a présenté plusieurs travaux issus du projet CORNATEP (Corps, Nature et Éducation Physique), soutenu par le dispositif Émergence de l’Université de Lorraine.

Ce programme de recherche explore le rôle que peut jouer l’éducation physique (EP) dans la transition écologique. Il s’intéresse plus particulièrement à la manière dont les expériences incarnées (sensorielles et affectives) vécues dans les environnements naturels peuvent contribuer à développer chez les élèves une relation plus sensible au vivant. Dans un contexte marqué par la déconnexion croissante des jeunes vis-à-vis de la nature (Louv, 2005), ces travaux interrogent le potentiel des pédagogies incarnées pour favoriser l’émergence de postures écocentrées et retisser un lien sensible avec le monde.

Dans le cadre du projet CORNATEP, plusieurs mémoires de master MEEF sont encadrés depuis deux ans à l’Université de Lorraine par Mary Schirrer. L’un d’eux a été distingué lors du congrès : le poster scientifique Teachers’ Practices and Conceptions of Outdoor Activities in Physical Education in France: Between Ecological Immersion and Anthropocentric Safety, co-réalisé par Eva Cotin-Quignon, étudiante en master MEEF EPS et Mary Schirrer, directrice de mémoire, a reçu le prix du meilleur poster scientifique parmi près de 150 posters présentés par des chercheurs et chercheuses du monde entier.

Ce travail met en évidence que les enseignant·es d’EP français·es oscillent aujourd’hui entre deux conceptions des activités physiques de pleine nature : une logique centrée sur la sécurité, la maîtrise du risque et la gestion des déplacements, et une logique d’immersion sensible visant à renforcer les liens des élèves avec les environnements naturels. Ces résultats soulignent à la fois les tensions internes à l’enseignement de l’EP en France, et le potentiel des activités de pleine nature pour contribuer à une éducation à la durabilité fondée sur l’expérience vécue.

Cette distinction constitue une reconnaissance internationale des recherches menées à l’Université de Lorraine sur les conceptions du corps et de la nature dans les curricula en EP, notamment en France.

Elle témoigne également de l’effet structurant du financement Émergence, qui a permis le développement du projet CORNATEP, la formation d’étudiant·es à la recherche, la création de collaborations internationales et la production de connaissances sur un enjeu sociétal majeur : accompagner les jeunes générations dans la construction de nouvelles manières d’habiter le monde.